entraver


entraver

1. entraver [ ɑ̃trave ] v. tr. <conjug. : 1>
• 1493; de en- et a. fr. tref « poutre », du lat. trabs 2. travail
1Retenir, attacher (un animal) au moyen d'une entrave. empêtrer. Entraver un cheval pour le ferrer.
2(1580) Fig. Empêcher de se faire, de se développer. embarrasser, 2. enrayer, freiner, gêner. Entraver la circulation. obstruer. Des rivaux ont entravé sa carrière (cf. Mettre des bâtons dans les roues). Entraver les décisions, les initiatives, les projets de qqn. contrarier. « Quand rien n'entrave l'action l'âme a bien moins de raisons pour agir » (R. Rolland).
⊗ CONTR. Désentraver. Émanciper. Faciliter. Dépêtrer (se). entraver 2. entraver [ ɑ̃trave ] v. tr. <conjug. : 1>
• 1460; altér. de enterver « comprendre » ( XIIIe); du lat. interrogare interroger
Arg. Comprendre. 2. piger. J'y entrave que couic, que dalle : je n'y comprends rien.

entraver verbe transitif (ancien français tref, poutre, ou ancien provençal entravar, de trau, poutre) Empêcher un animal de se déplacer en lui mettant une entrave. Embarrasser quelqu'un, le gêner dans ses mouvements : Une jupe étroite qui entrave la marche. Empêcher quelqu'un d'agir, une action de se réaliser, ou constituer un obstacle : La crise économique a entravé l'exécution du plan.entraver (synonymes) verbe transitif (ancien français tref, poutre, ou ancien provençal entravar, de trau, poutre) Embarrasser quelqu'un, le gêner dans ses mouvements
Synonymes :
Empêcher quelqu'un d'agir, une action de se réaliser, ou constituer...
Synonymes :
- empêcher
- gêner
- s'opposer à
entraver verbe transitif et verbe intransitif (ancien français enterver, du latin interrogare) Populaire Comprendre quelque chose. ● entraver (expressions) verbe transitif et verbe intransitif (ancien français enterver, du latin interrogare) Populaire N'y entraver que couic, que dalle, ne rien comprendre. ● entraver (synonymes) verbe transitif et verbe intransitif (ancien français enterver, du latin interrogare) Populaire Comprendre quelque chose.
Synonymes :
- piger (populaire)

entraver
v. tr.
d1./d Mettre des entraves à (un animal). Entraver un cheval.
d2./d Fig. Gêner, retarder. Entraver le cours de la justice.

I.
⇒ENTRAVER1, verbe trans.
A.— Mettre une entrave à (un animal). Entraver les bœufs :
Seulement on entrava mon cheval et celui de M.; quant aux deux chevaux des spahis, ils furent lâchés dans le bois...
FROMENTIN, Un Été dans le Sahara, 1857, p. 226.
P. métaph. [L'obj. désigne un être hum.] Apparemment l'amour ne se saisit plus aux cheveux, comme la fortune, mais on l'entrave, tel un esclave (CAMUS, Chev. Olmedo, 1957, p. 750).
Emploi pronom. [En parlant d'un animal ou d'un être hum.] Se prendre les jambes dans quelque chose comme dans une entrave. S'entraver dans un harnais; s'entraver dans ses sabots. Ça m'entravait les jambes; je l'ai jetée en courant (GIONO, Gd troupeau, 1931, p. 40). En se tournant, le bossu s'entrava dans une branche morte (POURRAT, Gaspard, 1931, p. 229).
P. métaph. Un grand écrivain sans usage s'entrave dans sa gloire comme dans un sabre (MAURIAC, Journal 2, 1937, p. 183).
B.— Au fig. Gêner (quelqu'un ou quelque chose); arrêter le mouvement, embarrasser. Gouvernement qui entrave le commerce; coutume entravant la circulation des idées. Synon. empêcher; anton. faciliter. Il y a d'autres facteurs qui facilitent ou entravent le développement de l'intelligence (CARREL, L'Homme, 1935, p. 142). Nous ne devons pas entraver l'action du gouvernement! (MARTIN DU G., Thib., Été, 1936, p. 616). Les clauses restrictives entravant le commerce seront abandonnées en deux temps (WOLKOWITSCH, Élevage, 1966, p. 200).
Emploi pronom. réciproque. Le Capétien et le Plantagenet, bien qu'alliés pour la Guerre Sainte, se suspectaient, se surveillaient et s'entravaient l'un l'autre (GROUSSET, Croisades, 1939, p. 266).
Rem. On rencontre ds la docum. entraveur, subst. masc. Celui qui entrave. Le double entraveur qui a, tout à la fois, dans ses attributions, le sabre du gendarme et les ciseaux du critique! (FLAUBERT, Corresp., 1852, p. 59).
Étymol. et Hist. 1. Fin XIIe s. entr(e)aver au fig. (Deu le omnipotent, éd. W. Suchier, 5); 2. ca 1480 au propre (G. COQUILLART, L'Enqueste d'entre la simple et la rusée, 221 ds Œuvres, éd. M. J. Freeman, p. 68); 3. 1580 « empêcher de se faire, de se développer » (MONTAIGNE, Essais, I, 18, éd. A. Thibaudet, p. 99); 4. 1887 voyelle entravée (K. BARTSCH, A. HORNING, La Lang. et la litt. fr. depuis le IXe s. jusqu'au XIVe s., p. 5). Soit dér. de l'a. fr. tref « poutre », cf. travée; soit empr. de l'a. prov. entravar de même sens, lui-même dér. de trau « poutre, sommier », du lat. class. trabs, trabis proprement « poutre ».
II.
⇒ENTRAVER2, verbe trans.
Arg. Comprendre. Il entrave pas l'engliche; elle entrave vite; j'entrave couic, que dalle. Synon. piger (fam.). J'entrave pouic moi dans ce manège (CÉLINE, Mort à crédit, 1936, p. 327). Lulu Doumer n'entrave pas très bien ce qui se passe mais ça l'inquiète (QUENEAU, Loin Rueil, 1944, p. 21).
Prononc. et Orth. :[], (j')entrave []. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. Ca 1165 enterver « interroger » (B. DE STE-MAURE, Troie, éd. L. Constans, 26119); 2. a) ca 1170-80 « comprendre » (G. DE ST-PAIR, Roman du Mont-Saint-Michel, 3358 ds T.-L.); b) mil. XVe s. arg. (F. VILLON, Ballades en jargon, éd. A. Lanly, V, 17); 1725 entraver (N. RAGOT DE GRANDVAL, Le Vice puni ou Cartouche, p. 74 ds IGLF). Du lat. class. interrogare « interroger, questionner »; enterver est devenu entraver sous l'infl. de entraver1 « saisir, lier ».
STAT. — Entraver1 et 2. Fréq. abs. littér. :323. Fréq. rel. littér. :XIXe s. : a) 428, b) 515; XXe s. : a) 473, b) 450.
BBG. — CHAUTARD (É.). La Vie étrange de l'arg. Paris, 1931, p. 640. — SAIN. Arg. 1972 [1907], p. 40, 171.

1. entraver [ɑ̃tʀave] v. tr.
ÉTYM. V. 1480; attestation isolée, XIIe, fig.; de en-, anc. franç. tref « poutre », du lat. trabs, trabis (→ Travée), et suff. verbal.
1 Retenir, attacher (un animal) au moyen d'une entrave. Attacher; empêtrer (vx). || Entraver un cheval pour le ferrer. || Entraver les bœufs.Par ext. || Entraver un prisonnier, les membres d'un prisonnier.
2 (1580). Fig. Empêcher de se faire, de se développer. Arrêter, embarrasser, empêcher, enrayer, freiner, gêner (→ Mettre une entrave, des entraves à). || Entraver la circulation. Obstruer. || Des rivaux ont entravé sa carrière (→ Bâton, cit. 16 : mettre des bâtons dans les roues). || Entraver les décisions, les initiatives, les projets de quelqu'un. Contrarier, contraindre, opposer (s'); → Faire obstacle à, faire de l'obstruction à.
1 Tantôt elle (la peur) nous donne des ailes aux talons (…) tantôt elle nous cloue les pieds et les entrave (…)
Montaigne, Essais, I, XVIII.
2 Quand rien n'entrave l'action l'âme a bien moins de raisons pour agir.
R. Rolland, Jean-Christophe, II, p. 56.
3 L'âge, l'œuvre, la renommée elle-même, tout cela empoisonne la vie, tout cela entrave la vie féconde.
G. Duhamel, le Voyage de Patrice Périot, III, p. 67.
4 Et il supportait mal l'idée que des perturbations politiques pussent venir entraver sa vie, menacer ses projets de travail.
Martin du Gard, les Thibault, t. VI, p. 124.
——————
s'entraver v. pron.
Réfl. Se prendre les pieds dans quelque chose qui gêne la progression.Se donner des entraves, s'embarrasser, s'empêtrer dans des entraves.
5 Comme en la précipitation (…) la hâtiveté se donne elle-même la jambe, s'entrave et s'arrête.
Montaigne, Essais, III, X.
Récipr. Rare. Se gêner mutuellement. || Ils s'entravent en sollicitant le même poste (Littré).
——————
entravé, ée p. p. adj.
1 Retenu par des entraves. || Cheval entravé.Fig. Gêné.
2 (1911, in D. D. L.). || Jupe entravée, très resserrée dans le bas (de telle sorte que la marche en est parfois gênée). || Robe entravée.
6 Obliger cette jeune fille par des anneaux forgés à cette démarche qu'on n'obtient autrement que tous les deux cents ans avec les jupes entravées…
Giraudoux, Juliette au pays des hommes, p. 152.
3 (1887). Phonét. || Voyelle entravée (par oppos. à voyelle libre) : voyelle d'une syllabe fermée. || Le o est libre dans poser, et entravé dans poster.
CONTR. Désentraver. — Émanciper. — Faciliter, favoriser, seconder. — Dépêtrer (se).
DÉR. Entrave.
COMP. Désentraver.
HOM. 2. Entraver.
————————
2. entraver [ɑ̃tʀave] v. tr.
ÉTYM. V. 1170; v. 1165, enterver « interroger »; du lat. interrogare. → Interroger.
Fam. Comprendre. || Entraver une langue, un mot. Piger. — ☑ Loc. On (n') y entrave que couic, que dalle : on n'y comprend rien.
1 Industrieux fils de Dédale
Qui ressuscitez dans Paris
Pourquoi, j'y entrave que dalle.
P.-J. Toulet, Contrerimes, « Dixains », VII.
2 — Sieste… mouchoir… péniche… qu'est-ce que c'est que tous ces mots-là ? Je ne les entrave point.
R. Queneau, les Fleurs bleues, p. 42.
En emploi absolu. || Alors, t'entraves pas ?
3 Nous chuchotions, chaises rapprochées, comme deux avocats dans un couloir ou deux détenus entre deux couloirs : nous étions fraternellement furtifs. Pas de danger qu'ils entravent ! J'avais manœuvré ma chaise de manière à leur tourner le dos (…)
A. Sarrazin, la Cavale, p. 464.
HOM. 1. Entraver.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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